Jusqu’au bout des sabots

Article paru le 6 septembre 2019 dans Agri Hebdo. Textes et photo: Fabienne Morand. PDF

Difficile de résumer la vie de Diana Chavannes en quelques lignes. Cette habitante de Chessel (VD) semble en avoir vécu plusieurs. Après avoir crapahuté dans tous les recoins des environs de Château-d’OEx (VD) et passé du temps auprès de chevaux, Diana Chavannes quitte la montagne et la vie à l’extérieur pour une vie de gouvernante-assistante-secrétaire-réceptionniste dans des hôtels à Saanen (BE), Mor ges (VD) et Jongny (VD). Elle a aussi été employée de bureau, notamment à la Fédération équestre internationale à Lausanne, et a travaillé quelques mois à l’étranger (USA et Maroc). Mais après plusieurs déménagements, deux mariages et deux enfants, Diana Chavannes – qui vient de fêter ses 50 ans – aspirait à retourner aux sources. «J’ai besoin de la nature. Je dis toujours que je suis
Heidi qui est descendue de la montagne», sourit-elle.

Le cheval comme leçon de vie
Aujourd’hui, elle roule de fermes en manèges entre Genève et le Valais, en passant par Fribourg, Berne et Bienne pour s’occuper des sabots des chevaux en tant qu’orthopédiste équin. Car en plus de masser les humains, Diana Chavannes aime s’occuper des chevaux et plus particulièrement de leurs pieds. Un animal qu’elle côtoie depuis l’enfance.

DATES CLES
1969 Naissance le 14 août. Son père est italien et sa mère allemande, Diana a grandi à Château-d’OEx.
2004 Naissance de son fils Nolan, suivi d’Evan en 2006.
2007 Acquisition de son cheval actuel «Perle».
2009 Départ au Maroc où, vingt jours par mois, elle s’occupe de huit chevaux (de la nutrition au travail au sol en passant par les soins et les massages); le reste du mois elle est en Suisse. Elle effectue les allers et retours durant cinq mois.
2011 Obtention de son diplôme d’orthopédiste équin après deux ans de formation.

En effet, à côté de ses diverses activités, Diana Chavannes a toujours gardé un lien avec la plus noble conquête de l’homme. «J’aime être au contact de cet animal qui est celui que j’apprécie le plus sur la planète. Les chevaux m’ont appris à vivre ici et maintenant. Si je pense à autre chose, si je ne suis pas positive dans ma tête, je me fais marcher sur le pied ou me prends un coup», poursuit-elle. C’est en faisant venir une orthopédiste équin pour ses trois chevaux que Diana finit par se former. «A la base, je ne voulais m’occuper que des miens. Mais un jour je me suis demandé comment je pourrais apprendre davantage, évoluer si je restais à soigner les mêmes sabots. J’ai trouvé d’autres propriétaires qui m’ont fait confiance et aujourd’hui je consacre 80% de mon temps à cette activité». Durant sa formation, elle dissèque des pieds d’équidés pour avoir une vision de l’intérieur, afin de mieux soigner l’extérieur. «Je ne travaille pas selon une méthode, mais avec ce que la nature nous a donné, les poids, les contre-poussées, etc. L’Allemand qui a développé cette technique a relevé qu’on peut trouver le nombre d’or dans le pied du cheval et c’est ce que j’essaie d’obtenir afin de remettre le sabot d’aplomb», dit-elle en terminant un pied de Gaudi, un Franche-Montagne en stabulation libre à Mollens (VD). Au contact des équidés, de la nature et en rencontrant des propriétaires de tous horizons, Diana Chavannes semble avoir trouvé son équilibre.