L’amour du bétail laitier

Article paru le 27 septembre 2019 dans Agri Hebdo. Textes et photo: Fabienne Morand. PDF

La campagne et les vaches sont deux éléments que l’on retrouve tout au long de la vie de Sarah Oriet (Roy depuis une petite année). «J’ai toujours eu envie d’être agricultrice, non pas que mon métier de vétérinaire ne me satisfaisait pas, mais j’avais envie de traire, de pailler et pas uniquement de m’occuper d’animaux malades. Si j’avais pu choisir, j’aurais eu des laitières», explique l’agricultrice de Saint-Livres (VD). L’exploitation, elle la cogère avec son mari Florian. «Je suis contente que l’on se soit associé, cela me donne une existence. Je trouve la thématique de la reconnaissance du statut de la paysanne importante, sans être féministe», souligne-t-elle. A Saint-Livres, ils ont quatre à cinq vaches à traire et 35 à 40 bêtes d’engraissement. Sarah aime s’en occuper et effectuer les travaux de fenaison. Cependant, avant de devenir paysanne, Sarah Roy a d’abord été vétérinaire.

DATES CLES
1971 Naissance dans le Jura.
1994 Obtention de son diplôme de médecine vétérinaire.
2002 Obtention de son CFC d’agricultrice.
2006 Départ pour le Canada comme employée agricole.
2007 Retour au cabinet vétérinaire du Châtelard à Bière où elle travaille désormais à un pourcentage réduit et seulement durant la saison d’hiver.
2019 Elle s’associe avec son mari et donne naissance à leur fils, Aloïs, le 14 février. Le couple s’est marié en décembre 2018.

Guidée par une passion
Après l’obtention de son diplôme, elle est engagée, en 1995, par un vétérinaire du canton d’Uri. «J’avais mon sac à dos dans la voiture et parfois je rejoignais les fermes à pied ou via un petit téléphérique.» Pour s’acclimater, la Jurassienne se met au dialecte. Après deux ans, elle quitte les montagnes pour le vallon de Saint-Imier (BE). Le besoin de rejoindre la Suisse romande se faisait ressentir. Son remplacement terminé, elle entame son apprentissage et obtient son CFC d’agricultrice. «Mais je me rends compte qu’acheter une ferme va être compliqué. Je me dis qu’il faut d’abord gagner un peu d’argent» et pourquoi pas tomber sur un agriculteur célibataire… C’est ainsi qu’elle rejoint le cabinet du Châtelard à Bière (VD). Deux années intenses et ce besoin d’être agricultrice lui font quitter le pied du Jura. Quelques petits jobs plus tard, la voilà qui s’envole pour la province canadienne de la Saskatchewan. Employée dans une exploitation agricole de 600 vaches allaitantes pour une petite année, elle fait une expérience superbe. «Tout était énorme. Parfois, tu suivais des barrières car tu ne savais plus trop où tu étais. Je me déplaçais en quad. Au printemps, il y avait les naissances à gérer, puis les castrations à la cow-boy, à vif, et les foins avec des barres de coupe de 9 m. C’était dépaysant», sourit Sarah Roy. L’hiver approchant, elle goûte à des températures de -25 degrés avec un ressenti de -40 degrés juste avant de rentrer en Suisse. Quelques semaines plus tard, elle recommence à travailler pour le même cabinet birolan et finira par se rapprocher de son agriculteur. Aujourd’hui, Sarah Roy trouve son équilibre entre le travail à la ferme, son nouveau rôle de maman et son activité hivernale de vétérinaire à un pourcentage réduit.